La pièce ou elle se trouvait était triste, sombre et triste. Le style de pièce faite pour annoncer un décès, un bureau de notaire. Cela fait deux heures qu'elle attendait là écoutant distraitement les condoléances d'un antipathique homme en cravate, qui faisait des louanges de quelqu'un qu'il ne connaissait même pas. Grand, mince, le nez crochu et les yeux d'un vautour lorgnant sa proie, M.Darquet, de son nom, s'harmonisait parfaitement avec le reste de décor. Froid et inintéressant. D'ailleurs rien d'autre que ce que contenait le papier qui était posé devant celui-ci intéressait Anna. Alors elle attendait patiemment que M.Darquet consente enfin à le lire.
Quelques belles phrases et minutes plus tard il débuta sa lecture :
« M.Vilarche, votre père, décédé-le ... »
Anna n'écoutait déjà plus, toute cette formalité l'exaspérait.
-Venez en au faite s'il vous plait, le coupas t-elle.
- ... en conséquence votre père vous lègue son manoir, seul et unique bien qu'il lui restait. Vous trouverez l'adresse et les papiers du testament dans ce dossier. Veuillez signer ici, là et là.
Anna s'empressa de tout remplir et pris congé du sinistre notaire. A l'air libre, elle retrouva enfin sa chère veille 206 au même endroit qu'elle l'avait laissé, fidel à son poste. Elle s'assit sur son siège miteux, recouvert d'une house bleu à pois jeune acheté en solde 5 euros, une affaire certes, mais vraiment de mauvais goût, et allumas la radio. Les trois dernières notes de Sweet dreams retentissèrent, le présentateur annonça la pub. Elle put enfin lire tranquillement toute cette paperasse qui l'ennuyait.
Le manoir se trouvait en banlieue parisienne non loin du Bois de Vincennes. D'un côté la mort de son père, qu'elle n'avait connu que les six premières années de sa vie l'arrangeait, au moins maintenant elle avait un logement. Elle ne serait donc plus obliger de vivre dans le vieux squatte dépravé qui était jadis l'appartement de sa mère.
- Tu vois maman il ne nous a pas complètement abandonner, dit t-elle à voie haute.
Des souvenirs lui revenant, comme ce fameux soir de décembre, quelques jours avant Noël, ou il est parti, nous laissant sans argents, ni nouvelles, sans père. Anna n'a jamais su pourquoi.
Remuer le passé fit couler quelques larmes au coin de ses yeux bleu, elle se ressaisit rapidement, démarras la voiture puis prit la direction de l'adresse indiquée.
Le portail grinça quand elle l'ouvrit, c'était une lourde grille grise dont la rouille commençait à donner une teinte orangée. Anna avança un pied dans l'allé de graviers, de chaque côté de cette allée il y avait un petit jardin. Du côté droit, des buissons de roses rouges et blanches entouraient un bassin ou des nénuphars y flottait paisiblement. Chaque buissons de fleurs étaient exactement de la même taille et de la même forme, comme si on les avait coupés soigneusement chaque jours.
Du côté gauche on aurait put s'attendre à la même chose, mais non, s'était plutôt tout le contraire. Des roses fanées jonchaient le sol parsemé de mauvaises herbes. Au milieu d'un capharnaüm d'herbes sauvages se tenait un bassin recouvert de mousse verte et malodorante. Surprise, Anna traversa l'allé jusqu'au manoir. Elle le regarda enfin pour la première fois. Un frisson lui parcouru le dos. Sinistre, aucun mots ne résumeraient mieux l'aspect de cette demeure. Certes le manoir devait être magnifique dans sa jeunesse, cette immense porte, ces grandes fenêtres, ces chiens assit, cette tourelle et son immense baie vitrée était certainement magnifique ... avant ! Mais aujourd'hui il manque quelques tuiles à la tourelle, la moitié des vitres n'a plus de carreaux, le lierre envahi la façade. Chose plus étrange encore toutes les fenêtres de droite avait leurs carreaux, était propres, il y avait même de petits rideaux à certaines fenêtres. Le côté gauche était évidemment l'inverse, tout comme le jardin.
Anna déglutie difficilement, elle s'entait une sorte d'angoisse ou de peur lui chatouillé le ventre. Puis prenant son courage à deux mains, introduisit la clé dans la serrure et tourna la poignée. Avant qu'elle ouvrit la porte elle s'attendit à l'entendre grincer et à découvrir devant elle un hall sombre, plein de toile d'araignées, elle s'attendait même à voir quelques chauves-souris s'envolées affolé, réveillé dans leur sommeil. Si elle laissait même son imagination s'était Dracula en personne qui l'accueillerait descendant en volant de l'étage supérieur, là où logeait son cercueil.
Mais rien de tout cela n'arrivas, enfin en partie, bien sur il n'y eu pas de Dracula, ni autre monstre de légende, mais les toiles d'araignées et le hall sombre était bien là ! Même la porte qui grinçait fût au rendez-vous. Elle s'avança, le bruit de ses talons résonnèrent et rebondissèrent sur les murs comme des ricochets.
Là encore le côté droit différenciait du côté gauche, l'escalier de droite était propre, celui de gauche non et il en était de même pour tout le reste. C'est comme si son père avait décidé de vivre qu'à droite et de délaissé la gauche. Il y avait même une ligne complètement visible qui déterminait les deux côtés. Propreté, poussière. Poussière, propreté. D'après les six ou sept centimètres d'épaisseurs de poussière à gauche cela faisait quelques années que son cher papa n'avait ni laver, ni même mit les pieds de l'autre coté de la frontière.
En visitant les étages supérieurs Anna s'aperçut que le manoir entier réagissait à cette loi de droite et de gauche. C'est donc soucieuse qu'elle repartit chercher ces quelques affaires.
Plusieurs jours était passés depuis l'arrivée au manoir, et c'est aidé de ces amis, que Anna emménageait et nettoyait de fond en combe la demeure. L'ambiance é tait à la fête, mais le soir quand tout le monde rentrait chez soi et qu'elle se retrouvait seule, le manoir redevenait sinistre. Le côté gauche avait maintenant été complètement nettoyé mais gardait quand même quelques séquelles de plusieurs années de saleté. La chambre de la nouvelle propriétaire avait été installée dans la tourelle, au point le plus haut du manoir, de là il fallait descendre un long escalier en colimaçon pour retrouver l'étage inférieur.
Une nuit elle fut réveillée en sursaut par un son étrange. Elle descendit l'escalier, lampe de poche à la main, et entra dans l'immense sal de bal. C'est de cet endroit que provenait le bruit. Tout était silencieux pourtant en tendant bien l'oreille on pouvait entendre un léger bruit, comme le passage d'une robe sur le parquet. Elle s'avançait dans la pièce, la main tremblante. Tout autour d'elle était sombre. Plus elle avançait plus le bruit se rapprochait. Quand soudain elle sentit une présence derrière elle ! Un léger frison partit de sa nuque pour parcourir tout son corps. Le c½ur battant elle se retournas. Personne ! Pourtant il lui semblait bien qu'il y avait quelqu'un quelques instant plutôt. Effrayé, elle fit demi-tout vers sa chambre. Mais trois pas plus loin elle s'arrêta net. Cette fois elle en était sur, il y avait quelqu'un derrière elle ! Anna ne prit pas la peine de se retourner et remonta en courant dans sa chambre. La sous sa couette, le c½ur battant elle eu du mal à finir sa nuit.
Le lendemain, elle fit une inspection détaillé de la salle de danse. La au grand jour il n'y avait plus rien d'inquiétant. Mais elle ne trouva rien, ni personne de suspect.
Les nuits suivante de passèrent sans incident et plus rien d'inquiétant ne semblait vouloir dérangé la nouvelle vie d'Anna.
Anna aimait s'installer à la baie vitrée, y lire ou même regarder les voitures passées sur l'avenue devant la haute grille du manoir. Ce soir là, comme beaucoup d'autres soirs, il n'y avait rien d'intéressant à la télé (Star Academy ne la tentait en rien). Elle laissait son esprit vagabondé paisiblement. Rien n'aurait pu perturber sa tranquillité sauf ...
-Il pleut, il pleut bergère, chantait une voix cristalline derrière elle.
C'était une voix de petite fille, mais ce chant n'avait rien de la douceur que dégage habituellement une fillette qui chante. C'était glacial. Anna se retourna effrayer, elle avait reconnu cette voix.
Elle se retrouva nez à nez avec une enfant de cinq ou six ans, elle était vêtue d'une robe blanche, son visage était pâle comme la mort, tout était blanc en elle, même ses yeux ! Seul ces cheveux noirs contrastaient avec le reste du corps. Anna poussa un cri de surprise. C'était elle ! Elle-même vingt ans en arrière ! La même que l'époque ou son père les avait quittés sa mère et elle.
La fillette parut affolée par le cri et sorti précipitamment de la pièce, à une telle vitesse que Anna ne put voir autre chose qu'une traînée blanche.
Paniqué, elle essayais de se clamé quand elle se souvient d'une chose : son « double » flottais au dessus du sol !
Après cet incident notre héroïne avait peur, nuits et jours, de rester dans le manoir et sortait le plus souvent possible. Mais sa peur se calma au bout de deux semaines car plus rien de « bizarre » ne se produisit.
Une nuit, il pleuvait fortement, à un tel point que Anna avait de mal à s'endormir. Les gouttes martelaient furieusement le toit de la tour, quand au milieu de cet épouvantable boucan un air de piano se fit entendre. Doucement au début puis de plus en plus fort. Jusqu'à que l'esprit de Anna fut entièrement submergé par la musique. La encore elle descendit de sa tour, une lampe de poche à la main, mais bien décidé à découvrir la source du bruit.
Le piano à queue se trouvait dans une pièce au deuxième étage. Anna et ses amis avaient passés quelques jours entier à le nettoyer. Elle aimait si asseoir de temps en temps et y joué ne bien qu'il ne soit pas accordé. Mais l'air qui était joué ne ressemblais pas à ce que Anna jouait d'habitude, s'était léger, dansant et sans aucune fausse note. Joué à la perfection, mais aussi accordé à la perfection.
La porte était entrebâillée et Anna y risqua un coup d'½il. Une femme était assise eu piano, ses fines mains, s'envolait de touches en touches à un rapidité incroyable. Une petite fille dansait non loin du piano, sur un rythme de la musique. Elle souriait, elle avait l'air heureuse. Anna esquissa un sourire quand elle la reconnu, s'était encore elle. Mais il n'y avait rien d'effrayant cette fois, c'était beau, étrangement beau.
Les dernières notes s'envolèrent et mirent fin aux charmes de la scène. Le silence régnait à présent dans la pièce. Anna avait l'esprit encore embaumé par la musique quand la femme au piano se retourna.
-Maman ! s'écria t-elle.
La femme qui la regardait avait vingt en de moins que la dernière fois qu'elle l'avait vu, sur son lit de mort.
Elle recula et sortit en courant du manoir !
Jamais elle ne remit les pieds dedans. Quelques mois plus tard, une pancarte « À vendre » était accrochée à la grille.
encore et toujours moi
"Une des rare histoire que j'ai réussi à finir"